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Chroniques brèves

Parce que tout ne mérite pas de grands développements...

My Nhan Ke (09 sep 2014)
Film de Nguyen Quang Dung (Viêt Nam - 2013)

Dans sa taverne paradisiaque au bord de l'eau, la belle Kieu Thi et ses filles ne font pas que distraire les voyageurs. Occasionnellement, elles trucident tout ce qui ressemble de près ou de loin à un officiel de la clique de Quan Du. C'est au cours de l'un de ces massacres qu'elles découvrent la charmante Linh Lan, cachée dans un cercueil. Peu à peu, celle-ci est intégrée au groupe. Initiée aux arts martiaux, elle est choyée par ses compagnes, car, vierge, elle est la seule à pouvoir approcher Quan Du pour tenter de le tuer et venger le meurtre de la famille de Kieu Thi.


Le synopsis tient donc sur un demi-ticket de métro. My Nhan Ke (The Lady assassin pour la distribution internationale) est un film d'arts martiaux à forte inspiration hongkongaise, mettant en scène un bataillon de jolies filles qui, pour la commodité du spectateur, portent des couleurs différentes. Il y a là force rouge, la belle tenancière qui a initié toutes ses demoiselles aux subtilités de l'orgasme masculin et aux cent façons de tuer durant un combat, force rose ancienne concubine de haut rang, jalouse de l'arrivée de Linh Lan, force jaune la gentille qui se tape en douce le cuisinier de la taverne et enfin force verte dont on ne sait qu'une chose, c'est qu'elle souhaite ouvrir un salon de beauté dans la capitale.

La plus grande partie du film est axée sur l'insertion de Linh Lan (force blanche) dans le groupe et les rivalités que cela génère, ainsi que sa progression dans la maîtrise du ballon, l'arme favorite de ces dames. Attaché à une longue corde, il leur sert à assommer, étrangler, bondir vingt-cinq mètres en arrière pour échapper à un assaillant, etc. Libre, il fait l'objet de parties de sepak takraw endiablées durant lesquelles elles affûtent leurs réflexes, aiguisent leurs cabrioles cinq mètres au-dessus du sol et roulent – sourire Ultra Brite – dans le sable clair comme n'importe quelle joueuse de beach volley sponsorisée par Budweiser. Tout ceci est gorgé de sous-entendus lesbiens, explicites mais retenus, car le cinéma vietnamien est toujours sous le contrôle des autorités du pays et un régime communiste plaisante rarement avec cela.

La présence d'un espion et d'un traître permet au très méchant général Quan Du, accompagné de ses ninjas voltigeurs, d'investir la place pour un classique et triste combat final. C'est bondissant, impeccablement chorégraphié, les filles sont superbes et il n'y a absolument rien à comprendre. Le vietnamien possède une sonorité d'autant plus étrange que rares sont les métrages qui nous arrivent de ce pays, ce qui ajoute du piquant à ce bonheur un peu niais qui nous saisit toujours devant ce genre de film.

One upon a time in Shanghai (29 juin 2014)
Film de Wong Ching-Po (Hong Kong - 2014)

Ma, un jeune paysan plutôt balèze côté pieds-poings vient tenter sa chance dans le Shanghai des années 30, tout en promettant à sa maman de ne jamais utiliser sa force ni tomber du côté obscur d'icelle. La ville est dominée par quatre triades, mais un cinquième larron, jeune et aussi féru de kung-fu, commence à s'emparer de leurs territoires.


On l'aura compris, les promesses n'engagent que les mères qui y croient et Ma Yongzhen (Philip Ng) viole la sienne (sa promesse, pas sa mère) dans le bateau et les premières minutes avant l'arrivée à Shanghai. Ayant copié l'intégralité de son jeu d'acteur sur Bruce Lee, ce qui n'était pas le point fort du petit dragon, Philip Ng est plus convaincant dans les bastons et ça tombe bien, car c'est pour cela que l'on regarde ce genre de films. Quand les méchants Japonais s'allient avec les vieilles triades pour se débarrasser de Lung Chat (interprété par Andy On), le beau bad boy qui veut mettre la main sur la ville et avec qui Ma va faire équipe après une partie de bourre-pifs réciproques, on pourrait même se croire revenus dans La fureur de vaincre, légèrement mâtinée de Borsalino.

Les combats sont bons, malgré une abondance de ralentis un peu gonflante. Comme toujours, les protagonistes peuvent casser une colonne de pierre d'un seul coup de poing, mais ce dernier ne fait rien à la mâchoire de leur adversaire quand celui-ci se mange un pain. Le parti pris d'une photo pratiquement totalement désaturée (sauf dans le duel final) ne m'a pas semblé très pertinent. Elle cache surtout mal la pauvreté de la reconstitution de ce Shanghai des années 30, réduite à un carrefour du Bund sur lequel passe toujours les deux mêmes voitures et quelques néons pour indiquer des boites de nuit à l'ambiance glaciale. Le vétéran Sammo Hung est de la partie et la délicieuse Michelle Hu joue une jolie chipie dont va tomber folllement amoureux notre héros, encore plus ahuri en sa présence. Dernier point et non des moindres, Once upon a time in Shanghai peut parfaitement se voir en version originale non sous-titrée et rester totalement intelligible.

The Bells of Death (06 juin 2014)
Film de Griffin Yueh Feng (Hong Kong - 1968)

Trois brigands à qui un jeune bûcheron venait d'indiquer leur chemin assassinent sa famille et s'emparent de sa sœur aînée. Décidé à les venger, il rencontre un invincible chevalier des rivières et des lacs et consacre les cinq années suivantes à l'apprentissage des arts martiaux.


À voir ou revoir, Duo hun ling (奪魂鈴), classique sorti du studio des frères Shaw. La clarté et la sobriété des nombreux combats (quelques trampolines, plutôt discrètement utilisés) font qu'il n'est pas forcément nécessaire d'être amateur du genre pour apprécier cette histoire de vengeance, qui voit un jeune paysan timide (Chang Yi) devenir un maître du sabre, viril mais correct avec les dames.

Après un peu de surnaturel (la mise en déroute du clan Tao avec de simples feuilles d'arbre) et quelques membres découpés dans une auberge, un classique duel dans une forêt de bambous, un combat original à la bougie et un final où il lui faut bien démolir une trentaine d'adversaires avant d'affronter l'homme qui tua sa mère, Frère Wei et la jolie Xiangxiang (qu'il avait tiré des griffes d'une bande de proxénètes) peuvent revenir, vengeance accomplie, là où tout commença (et, enfin, abandonner le très énervant bracelet orné de clochettes qu'il porta tout le film). Rythmé, de bonnes chorégraphies, une recherche certaine dans le cadre et la photo, simple et frais, The bells of death est du bien bon cinéma de divertissement.

Avez-vous lu ?

Ishida Ira
Japon (2002)

Makoto continue de débrouiller les affaires dans son quartier d'Ikebukuro. Comme toujours, c'est vers les abandonnés du système qu'il se tourne et il sait qu'il peut compter sur le King des G Boys et sur Le Singe pour restaurer un peu de justice dans ce monde.

Philippe Picquier - 2009

Li Kunwu
Chine (2013)

L'histoire de Chunxiu, petite fille née dans l'Ancien Monde, qui voulait que les femmes soient mutilées pour être belles.

Kana - 2013

Hwang Sok-Yong
Corée du Sud (1970)

Dans la tourmente de la guerre civile, un professeur en médecine, intègre et têtu, oppose sa droiture à la folie du moment. Balloté entre le Nord et le Sud, séparé de sa famille, il va tenter de rassembler les miettes de sa vie alors que la médiocrité prend le pouvoir, à l'ombre d'une dictature paranoïaque et violente.

Zulma - 2002